Nous, l'art d'aller bien

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Extrait de Les cartes de la mémoire - Jean-Claude Ameisen - Sur les épaules de Darwin – Les battements du temps - France inter

Il y a, dans la mythologie de la Grèce antique, un récit où Chaos – le Chaos originel – engendre Nyx – la Nuit, et la Nuit donnera naissance à de très nombreux enfants.

L’un des fils de Nyx, l’un des enfants de la nuit, est Hypnos – le dieu du sommeil, dont a dérivé dans notre langue le mot hypnose.

Il est le frère jumeau de Thanatos – le dieu de la mort, le sommeil dont on ne revient pas.

Deux jumeaux, que presque rien ne distingue – mais ce presque rien est le réveil.

Ils sont les dieux du départ de la conscience, de l’oblitération de la conscience, les dieux de ces états où nous ne savons pas ce qui nous arrive.

Mais Thanatos est le dieu d’un départ pour un voyage sans retour. Alors que son frère, Hypnos, est un dieu qui nous emporte et qui nous ramène – transformés, mais prêts à reprendre notre voyage à travers la lumière des jours, en pleine lucidité, plus riches de ces transformations obscures qui se produisent en nous durant notre sommeil.

Nyx, la Nuit, la mère d’Hypnos et de Thanatos – a aussi donné naissance aux Oneiroi – d’où provient dans notre langue, le mot onirique – les Oneiroi, les rêves, les songes qui viennent nous visiter pendant notre sommeil. Et qui nous paraissent si étranges au réveil.

Dans les récits de la mythologie grecque, parmi  les mille enfants de La Nuit, il y a aussi Morphée – qui rend possible la venue d’Hypnos. Morphée qui désamarre la barque, lui fait quitter la terre, la fait dériver.

Morphée qui nous permet de nous endormir, dit la mythologie grecque, en prenant, au moment où nous nous endormons, ou plus tard, dans nos rêves, la forme – morphos - des êtres qui nous sont chers. Les personnes qui nous rassurent, qui nous protègent, qu’elles soient présentes ou absentes.

Il y avait, dans la Grèce antique, des temples – les asclepieia  - dont le plus célèbre se trouvait à Epidaure.

Ces temples étaient dédiés à Asclépios, le dieu de la médecine, fils d’Apollon, dieu du soleil et des arts.

Asclépios exerçait ses bienfaits durant la nuit, avec l’aide de ses deux filles, Panacée – celle qui connaît les remèdes à toutes les maladies – et Hygie – d’où vient le mot hygiène – Hygie qui connaît les méthodes de prévention des maladies.

Dans les asclepieia – ces temples, qui accueillaient les malades – les prêtres, les asclépiades, demandaient aux malades de s’endormir.

Et c’est pendant le sommeil  - pendant les visites des enfants de La Nuit, Morphée, Hypnos, et les Oneiroi, les songes – qu’Asclépios, le dieu de la médecine, aidé de ses deux filles Panacée et Hygie, préparait la guérison.

Renouant les fils défaits de la santé et de la vie, et éloignant, repoussant au loin, pour un temps, dans la nuit, la venue du frère du sommeil – Thanatos, le dieu de la mort.

Et ainsi, il y a plus de 3000 ans, les récits et les rites qui naissaient et se développaient sur certaines des rives de la Méditerranée emplissaient notre sommeil – cette absence à nous-mêmes, ce retrait transitoire et périodique du monde, ce vide apparent – de la venue en nous et autour de nous d’une multitude de créatures divines, les fils de La Nuit – Hypnos, Morphée, les Oneiroi - et le fils, et les petites filles, du dieu du Soleil et des Arts, Asclépios, Panacée et Hygie.

Evoquant par la puissance de la métaphore, du comte, du mythe, une partie de ce que la recherche nous a aujourd’hui appris de la réalité.

Suggérant – par la puissance du conte – que quelque chose, en nous, nous construit pendant notre sommeil, nous transforme, nous emporte ailleurs, sans nous abandonner, et nous ramène au réveil, différent de ce que nous étions la veille.